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L’histoire de la Nouvelle-Calédonie restera à jamais marquée par la figure emblématique de Jean-Marie Tjibaou. Parcours du leader kanak, assassiné dans des circonstances tragiques en mai 1989.

 

 

Un homme attaché à sa terre

Né en 1936 à Tiendanite, un petit village de la montagne à l’extrême nord du Territoire, cet enfant du pays est resté toute sa vie durant attaché aux valeurs culturelles de sa terre.

 

Résolu à arracher la liberté de son peuple, son engagement politique a été comparable à un sacerdoce qu’il a assumé jusqu’au bout.

 

Très tôt, il fut influencé par la forte personnalité de ses parents. Ty Vencelas, son père, était l’un des premiers instituteurs kanaks dans les années 1940-1945. Dya, sa mère, fille de grand chef, était une personnalité respectée de la région.

Il comprend que la Culture constitue un pilier fondamental sur lequel doit reposer le combat politique du peuple kanak.

La vocation de prêtre humaniste

Le petit Jean-Marie reçoit son premier apprentissage de l’école primaire catholique de Ouaré à Hienghène. Son éducation se poursuit ensuite à Canala puis à Païta. Son destin semble tout tracé : il sera prêtre. Il est, alors, loin de s’imaginer qu’il accordera son dévouement à une autre mission.

En 1949, il entre au petit séminaire de Païta, avant de rejoindre une école de l’île des Pins, où il fait son noviciat. L’année 1965 est celle de son ordination comme prêtre à Hienghène. Deux ans plus tard, en 1967, c’est dans la cathédrale de Nouméa qu’il exerce son ministère comme second vicaire.

Les études en France 

Attiré par les sciences humaines, Jean-Marie Tjibaou profite d’une bourse pour entreprendre des études à l’Institut de sociologie de la Faculté catholique de Lyon. Il s’inscrit ensuite, en 1970, en section ethnologie à l’Ecole pratique des hautes études, à Paris. Constamment préoccupé par l’identité kanak et ses moyens d’épanouissement, il commence une thèse sur le thème de l’identité culturelle qui restera malheureusement inachevée.

La tension monte en Nouvelle-Calédonie et Jean-Marie Tjibaou entend participer aux changements qui sont espérés par les Kanaks. Il rentre chez lui pour faire lui aussi entendre sa voix.

La révolution culturelle des Kanaks

"On ne peut servir deux maîtres à la fois". 

Le prêtre de Henghiène l’a bien compris. Aussitôt revenu sur le Territoire, il demande sa réduction à l’état laïc. Il se marie avec Marie-Claude Wetta et dès lors se consacre entièrement à la défense de la culture kanak.

Célébrer la culture mélanésienne 

En 1974, il concrétise sa vision politique en étant à l’origine de la conception et de l’organisation du festival« Mélanésia 2000 » avec Jacques Iekawé. Pour la première fois en Nouvelle Calédonie, la culture kanak est à l’honneur. La presqu’île de Tina qui accueille le festival en 1975, sera 20 ans plus tard le lieu d’édification du Centre culturel Jean-Marie Tjibaou.

Une impressionnante détermination politique

Si la Culture demeure le fer de lance de son discours, Jean-Marie Tjibaou ne perd pas de vue pour autant son objectif final : l’indépendance pour son pays natal. Pour ce faire, il acquiert peu à peu une légitimité auprès de la population, qui n’hésite pas, à plusieurs reprises, à lui accorder sa confiance.

Son premier mandat 

L’année 1977 marque le début de sa carrière politique : il se porte candidat aux élections municipales de Hienghène et est élu. La même année se déroule le 8ème congrès de l’Union calédonienne, principal parti indépendantiste de la Nouvelle-Calédonie. Nommé vice-président de ce parti, il fait appel à des jeunes comme Yeiwene Yeiwene et Eloi Machoro qu’il juge capables de le seconder dans ce combat pour l’indépendance.

Le Front indépendantiste 

Deux ans plus tard, le Front indépendantiste est créé, Jean-Marie Tjibaou sera son chef de file à l’Assemblée territoriale. 

Le leader charismatique qu’il devient peu à peu reste conscient de la nécessité de négocier l’émancipation avec le pouvoir central, sans toutefois oublier que seule la solidité de l’engagement est porteuse de résultats. En juin 1982, au terme d’un renversement d’alliances, il est élu vice-président du Conseil de gouvernement de Nouvelle-Calédonie. Il occupera cette place jusqu’au boycott actif des élections territoriales par les indépendantistes le 18 novembre 1984.

En juillet 1983, il participe, au nom du Front indépendantiste, à « la table ronde » de Nainville-Les-Roches qui reconnaît aux Kanaks « un droit inné et actif à l’indépendance ». L’année qui suit voit la création duFront de Libération Nationale Kanak et Socialiste (FLNKS), à la tête duquel Jean-Marie Tjibaou est nommé.

Président de la région Nord 

Ce cumul de responsabilités politiques, qui fait de lui le porte-parole incontestable du peuple kanak, le propulse à la présidence du Gouvernement provisoire de « Kanaky » en novembre 1984. Pour la période 1985-1986, il est élu président de la région Nord issue du statut Fabius-Pisani.

La négociation des accords de Matignon 

Le 26 avril 1988, quelque temps après le drame d’Ouvéa, il participe à Paris à des négociations aboutissant à la signature des accords de Matignon avec le Premier ministre français de l’époque, Michel Rocard, et Jacques Lafleur, président du RPCR, principal parti loyaliste en Nouvelle-Calédonie.

Sa détermination dans la lutte pour l’indépendance n’ayant d’égale que sa volonté d’empêcher la montée des haines raciales, il accepte ces accords qui prévoient une décolonisation graduelle sur une période de dix ans. Cet acte lui coûtera la vie. Un an plus tard, le 4 mai 1989, Jean-Marie Tjibaou est assassiné avec Yeiwene Yeiwene par un opposant indépendantiste.

Jean-Marie Tjibaou, la parole assassinée ?

Ce film retrace l’itinéraire de Jean-Marie Tjibaou, un homme qui aura consacré sa vie à guider le peuple Kanak vers son émancipation, et qui est mort avant même d’avoir achevé sa tâche, assassiné par l’un des siens. 

 

 

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